Benjamin du plan
(1688 – 1763 )

Origine et jeunesse

Descendant d’une vieille famille protestante, Benjamin de Ribot, seigneur du Caila et du Plan, dit Benjamin Du Plan, est né le 13 mars 1688 au château de la Favède.

Durant son enfance et son adolescence, en prenant beaucoup de risques, Benjamin Du Plan accompagne sa mère aux assemblées au Désert où ses premiers prédicateurs sont des prophètes et des prophétesses. A 17 ans, il devient « lecteur » dans ces assemblées clandestines formellement interdites et pourchassées par le pouvoir royal.

Engagement religieux et rupture avec la carrière militaire

À l’âge adulte, après avoir été officier des armées de Louis XIV sous le nom de du Caila, il abandonne sa carrière militaire dès 1710 afin, comme il l’écrit, de « se vouer au soutien et à la propagation de la religion protestante ».

En 1715, il fait la connaissance d’Antoine Court qui a organisé aux Montèzes (près de Durfort) le premier synode « au Désert » dans le but de restaurer l’ancienne discipline des Eglises réformées et son organisation. En effet, depuis 1713, Court a rompu avec la violence et le prophétisme. Malgré l’amitié et le projet qui lient les deux hommes, cela provoquera des tensions entre eux, Du Plan continuant à vénérer « les inspirés ».

Activité internationale et défense des Huguenots

Au synode de Nîmes, en 1725, Benjamin Du Plan est nommé député des Églises réformées de France. Il passera quatre ans à Genève et un à Lausanne pour aider Court à fonder, en 1729, un séminaire où sont formés « les pasteurs au Désert ».

Il va voyager ensuite à travers toute l’Europe protestante (où il rencontrera en particulier les rois d’Angleterre et de Suède), plaidant la cause des Huguenots et organisant un soutien financier aux exilés. Ses efforts seront souvent inefficaces et les critiques qu’il recevra à ce sujet le blesseront.

Vie en Angleterre et héritage

En 1738, il s’installe en Angleterre, où il continue à aider les réfugiés français. Son intégrité est remise (à tort) en question et il est attaqué pour son soutien aux « inspirés ». En 1751, il épouse Elisabeth Denman (née de Vautron). Ils auront deux enfants : Mary Françoise, née en 1753 (qui épousera John Lloyd en 1793) et André, né en 1755 (mort sans descendance en 1781).

Benjamin Du Plan décède à Londres en juillet 1763.

Edward Lloyd, son petit-fils, viendra en France découvrir le pays de son aïeul où il fera la connaissance à Alès du pasteur Daniel Bonnefon. Ce dernier, grâce aux papiers de famille pieusement conservés et mis à sa disposition par Edward Lloyd, écrira et fera éditer en 1876 la biographie de son illustre grand-père sous le titre : « Benjamin Du Plan – Gentilhomme d’Alais* ».

*Remarque : ce livre passionnant a été réimprimé par Hachette Livre dans le cadre d’un partenariat avec la Bibliothèque nationale de France.